Aller au contenu principal
Fermer

Les parents d'Inass Touloub, jugés 39 ans après sa mort, nient les faits
information fournie par AFP 02/11/2026 à 20:38

Des dirigeants de l’association de défense des droits de l’enfant  "Mouv’Enfants", le 2 novembre 2026 devant le palais de justice de Blois ( AFP / ALAIN JOCARD )

Des dirigeants de l’association de défense des droits de l’enfant "Mouv’Enfants", le 2 novembre 2026 devant le palais de justice de Blois ( AFP / ALAIN JOCARD )

Les parents d'Inass Touloub, fillette de quatre ans retrouvée morte et mutilée en 1987 au bord de l'autoroute A10, ont nié lundi toute responsabilité dans le décès de leur fille au premier jour de leur procès devant la cour d'assises du Loir-et-Cher, 39 ans après les faits.

Jugée pour "torture et actes de barbarie ayant entraîné la mort" sans intention de la donner et interrogée sur la reconnaissance des faits par la présidente, la mère, Halima El Bakhti, a répondu "non, c'est ma fille".

L'accusée, âgée de 72 ans et qui a tenté de dissimuler toute la journée son visage, a ajouté que son mari "et (s)es filles aussi" ont "beaucoup menti", interrogée après la longue lecture du rappel des faits.

Ahmed Touloub, le père âgé de 74 ans jugé lui pour complicité, a pour sa part déclaré : "J'ai rien fait. J'ai jamais touché à aucun de mes enfants", a-t-il ajouté. "Moi-même je suis battu, comment je suis complice ?"

Pendant leur garde à vue, les accusés, séparés de longue date, et qui ont eu au total sept enfants, dont Inass, n'avaient pas reconnu être les auteurs des violences ayant entraîné la mort de leur fille, s'accusant mutuellement de violences conjugales.

Menacée

Accusée et mère d'Inass Touloub, Halima El Bakhti (g), dont le visage est dissimulé par un foulard, est escortée par des policiers et son avocat Camille Radot (d) au palais de justice de Blois (Loir-et-Cher), le 2 novembre 2026 ( AFP / Alain JOCARD )

Accusée et mère d'Inass Touloub, Halima El Bakhti (g), dont le visage est dissimulé par un foulard, est escortée par des policiers et son avocat Camille Radot (d) au palais de justice de Blois (Loir-et-Cher), le 2 novembre 2026 ( AFP / Alain JOCARD )

La défense a par ailleurs demandé un complément d'expertise concernant l'état de santé de leurs clients : M. Touloub ayant notamment évoqué des troubles de la mémoire, Mme El Bakhti de fortes douleurs aux reins.

Cette requête a été accordée pour Ahmed Touloub et devrait s'effectuer "dans les prochains jours".

"Il nous faut la certitude qu'ils puissent se défendre", a lancé son avocat Me Frank Berton, évoquant une possible "démence" de son client.

Elle a été refusée pour la mère, qui avait affirmé plus tôt : "je vais essayer de venir et assumer".

Les deux accusés, qui comparaissent libres, encourent tous deux la réclusion criminelle à perpétuité à l'issue de ce procès qui doit durer jusqu'au 18 novembre à Blois. Ils n'ont pas échangé un regard, assistant impassible aux échanges.

Croquis d'audience réalisé le 2 novembre 2026 montrant les parents d'Inass Touloub lors de leur procès pour la mort de leur fille au palais de justice de Blois ( AFP / Benoit PEYRUCQ )

Croquis d'audience réalisé le 2 novembre 2026 montrant les parents d'Inass Touloub lors de leur procès pour la mort de leur fille au palais de justice de Blois ( AFP / Benoit PEYRUCQ )

D'autres moments ont par ailleurs marqué cette longue première journée d'audience.

A la pause déjeuner, la mère a été prise à partie par cinq membres du collectif Mouv'Enfants, qui avait organisé une action devant le tribunal avant l'audience. Ils l'ont vivement prise à partie et menacée.

Des faits qui ont entrainé l'ouverture d'une enquête.

Disparition

Les débats ont également porté sur la demande de la défense, finalement rejetée, d'interrompre la diffusion de l'audience dans une deuxième salle, et sur les demandes de constitution de parties civiles.

Le 2 novembre 2026 devant le palais de justice de Blois à l'ouverture aux assises du procès des parents d'Inass Touloub, fillette de quatre ans retrouvée morte et mutilée en 1987 au bord de l’autoroute A10 ( AFP / ALAIN JOCARD )

Le 2 novembre 2026 devant le palais de justice de Blois à l'ouverture aux assises du procès des parents d'Inass Touloub, fillette de quatre ans retrouvée morte et mutilée en 1987 au bord de l’autoroute A10 ( AFP / ALAIN JOCARD )

Celle déposée par la commune de Suèvres, où est enterrée la petite Inass depuis 1987, a été rejetée faute de "préjudice direct" subi.

Me Eléonore Terrien-Freneau, avocate de la fratrie d'Inass, avait qualifié cette demande de constitution de partie civile de "nauséabonde", mais surtout indiqué que ses clients avaient formulé le souhait "d'offrir un autre lieu de repos" à Inass Touloub "en correspondance avec ses liens familiaux".

Ce procès doit être l'épilogue d'une affaire qui démarre le 11 août 1987 avec la découverte de la dépouille mutilée de la fillette dans un fossé de l'A10 par deux agents de l'autoroute à Suèvres, village du Loir-et-Cher entre Orléans et Tours.

Personne n'avait signalé sa disparition.

Une habitante se recueille sur la tombe d'Inass Touloub à Suèvres, dans le Loir-et-Cher, le 1er octobre 2026 ( AFP / Alain JOCARD )

Une habitante se recueille sur la tombe d'Inass Touloub à Suèvres, dans le Loir-et-Cher, le 1er octobre 2026 ( AFP / Alain JOCARD )

Le corps portait des traces de violences, dont des brûlures dues à un fer à repasser et des cicatrices liées à des morsures humaines, selon les constatations des médecins légistes consultées par l'AFP.

À court de pistes, la gendarmerie avait lancé le plus grand appel à témoin jamais initié en France pour tenter d'identifier la fillette dans une trentaine de pays. Sa photographie avait été placardée dans 65.000 écoles et 30.000 mairies.

Plus de 30 ans après les faits, la victime est identifiée et ses parents interpellés en juin 2018, grâce à un prélèvement ADN effectué sur un des frères de la victime dans une autre affaire de violence.

Il faudra pourtant attendre huit années de plus avant la tenue d'un procès.

La petite Inass, qui serait aujourd'hui âgée de 43 ans, repose au cimetière de Suèvres, où sa tombe est encore régulièrement fleurie.

6 commentaires

  • 18:19

    Ce ne sont pas des parents : au mieux des géniteurs..... mais le préfixe "géni" est de trop !


Signaler le commentaire

Fermer

A lire aussi

  • Une organisation qui proposait aux riches contribuables des solutions clés en main pour cacher et récupérer leur argent sous les radars du fisc est jugée à Paris au procès des "Dubaï Papers" ( AFP / Damien MEYER )
    information fournie par AFP 02.11.2026 22:34 

    Une rare plongée dans les rouages de l'industrie de la fraude fiscale internationale : une organisation qui proposait aux riches contribuables des solutions clés en main pour cacher et récupérer leur argent sous les radars du fisc est jugée depuis lundi à Paris ... Lire la suite

  • Façade du magasin parisien BHV, le 5 octobre 2025 ( AFP / JOEL SAGET )
    information fournie par AFP 02.11.2026 22:21 

    L'emblématique grand magasin parisien BHV a été placé en redressement judiciaire lundi, nouveau rebondissement d'un long feuilleton pour cette entreprise en difficulté dont l'avenir s'obscurcit. Le tribunal des activités économiques de Paris a décidé d'ouvrir "une ... Lire la suite

  • Des parents d’élèves viennent chercher leur enfant à l’école maternelle Clement Roassal, à Nice le 2 novembre 2026. ( AFP / Valery HACHE )
    information fournie par AFP 02.11.2026 21:10 

    Une enquête pour "tentative de meurtre" a été ouverte après l'agression lundi, dans une école de Nice, de la directrice et d'une enseignante par une mère d'élève qui les a menacées avec une arme et frappées, avant d'être interpellée. Le ministre de l’Éducation ... Lire la suite

  • La cheffe des Ecologistes Marine Tondelier à Lens dans le Pas-de-Calais le 13 octobre 2026 ( AFP / Sameer AL-DOUMY )
    information fournie par AFP 02.11.2026 21:08 

    Après les propos d'Édouard Philippe reliant les pillages du 17 octobre à l'immigration, le camp du candidat Horizons à la présidentielle se retrouve accusé par la gauche de flirter avec les idées de l'extrême droite, notamment Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement ... Lire la suite

Pages les plus populaires